Khokhloma est le nom d’un style artisanal de peinture sur bois russe et l’ornement national

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Le Nord de la région de Nijni-Novgorod est une contrée bien spacieuse: la rive gauche basse du fleuve est couverte d’un somptueux tapis vert que forment les prairies inondables par les crues du printemps et plus loin, derrière celles-ci, s’étendent à perte de vue de puissants massifs forestiers. C’est le pays transvolgien de Nijni-Novgorod — contrée légendaire qui avait joué un rôle particulier dans l’histoire de la Russie et qui en garde le souvenir: c’est là qu’il a plus de sept siècles passait «le sentier de Batyï» et jusqu’à nos jours clapotent les eaux claires du lac de Svétloïar, qui selon la légende, aurait caché l’ancienne ville de Kitej qui ne s’était pas soumise au khan des tatares. Le pays d’outre-Volga dans la région de Nijni-Novgorod est une vraie trésorerie de folklore et d’arts populaires. Parmi les autres régions de la Russie cette contrée n’a pas son égale en ce qui concerne le nombre et l’originalité des artisanats et des métiers d’art qui se sont apparus et développés sur son territoire. Aucun autre art folklorique de la région de Nijni-Novgorod n’a semble-t-il acquis une si large popularité
en Russie et à l’étranger comme l’a fait la peinture sur bois de Khokhloma.

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L’art artisanal de Khokhloma s’est fait remarquer déjà au XVIII-ème siècle. Ainsi, le géographe Evdokime Ziablovski, qui avait visité le province de Nijni-Novgorod dans les années 1790, notait que les paysans transvolgiens se plaignaient d’un manque de terres arables et tout en énumérant les métiers des habitants liés au traitement du bois il écrivait: «Par contre, les forêts locales représentent une autre branche de la subsistance populaire. Vu leur grande quantité, certains habitants s’exercent au tournage et au laquage de divers tasses, plats, écuelles, cannes et des choses pareilles», qu’ils «décorent d’ornements qui semblent être en or» et «couvrent partout de fleurs». Et de conclure: «Leur marchandise est légère, pure, solide, et la laque jaune aussi bien que celle noire qu’ils préparent sur la base de l’huile de lin, est assez solide et claire».La plupart des spécialistes en arts folkloriques datent l’apparition de la peinture sur bois de Khokhloma du XVII-ème siècle. Pour la contrée Nord de la région de Nijni-Novgorod ce fut le temps de renaissance après les pillages faits par les Tatares.

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Ce n’est pas par hasard que les ornements de la peinture de Khokhloma évoquent les herbes touffues peintes en vermillon sur les vignettes dorées des livres manuscrits ou bien les cadres pittoresques des icônes hagiographiques du bassin de la Volga — avec feuilles frisées dorées, rinceaux souples grimpants sur le fond vermeil ou noir, et la combinaison des couleurs rouge, noir et or propre à la peinture décorative de cette région avaient déterminé les traits particuliers du coloris de la peinture. Il est à noter que l’utilisation de ces trois couleurs tant pour la décoration des objets de culte que pour l’ornementation des icônes avait un sens profond: le rouge était identifié avec la beauté, l’or symbolisait la lumière spirituelle, et le noir était le symbole de l’affliction bienheureuse, purifiant l’âme humaine. Le médecin de la cour G. Reman, qui en 1805 avait visité cette région a fait une description remarquable des objets de Khokhloma. Sur le champ de foire pittoresque ou les boutiques et les galeries innombrables étalaient les marchandises de toute sorte, il a vu au bord de la Volga une longue file de chariots chargés des objets eu bois unique dans son genre. Appréciant ces articles comme «véritables modèles de l’art de façonnage au tour», Reman fut surpris par leur solidité: malgré le temps torride et la chaleur du sable chauffé par le soleil où ils ont été posés, le bois sec des calices énormes ne se fendait pas.

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L’ornement d’herbes qui constituait le plus beau fleuron de l’héritage artistique de Khokhloma a rempli la peinture paysanne d’un sens vivant de la nature. En même temps, les images utilisées dans les ornements d’herbes sont folkloriques. Les touches savoureuses représentant les brins d’herbe, les rejaillissements des flammes du vermillon, les lignes élégantes du dessin exprimaient le rêve du beau que nourrissait un peintre villageois, son désir de transformer un modeste brin en plante extraordinaire, qui ondule en volutes fantasques. Les mêmes choses sont exprimées dans les chants nuptiaux où «grimpe en vrille un puissant houblon d’or», sur la voie qui mène le fiancé vers sa promise poussent des fleurs et s’incline «l’herbe soyeuse». D’après leur système poétique et leur rythmique les ornements d’herbes sont proches du chant populaire où les émotions lyriques sont souvent exprimées à travers les images de la nature.Quand on se trouve au bassin de la rivière d’Ouzola dans la région de Kovernino, on ne cesse pas d’admirer les champs et les forêts qui s’étendent à perte de vue, les villages qui se sont nichés sur les pentes des collines, les coudes gracieuses de la rivière d’Ouzola, les prairies et les bosquets d’arbres situés aux bords de celle-ci. Dans le silence du soir on peut entendre retentir sur la rivière une ancienne chanson que les femmes d’ici chantent «à plusieurs voix». On pourrait dire que les ornements de Khokhloma ressemblent aux chansons populaires affectueuses, et l’équipe de créateurs représente une sorte d’ensemble des solistes où la voix de chacun est reconnaissable et unique.

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Источник: artrusse.ca

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